Le fichier llms.txt aide-t-il à être cité par les IA ?
Publié le
Rien ne montre que le fichier llms.txt aide à être cité par les IA. C’est une proposition de 2024, dont aucun grand éditeur d’IA ne documente l’usage pour choisir ses sources, et Google écrit en juillet 2026 qu’il est inutile de créer des fichiers texte pour l’IA. Nous l’avons mesuré : sur les sites ramenés par la recherche de ChatGPT, Claude et Gemini sur une dizaine de secteurs d’activité, 17 % publient un llms.txt, et les sites cités n’en publient pas nettement plus souvent que les autres. Chez ChatGPT, c’est même légèrement l’inverse.
Pour quel type de question ? Tout dépend de ce qu’on attend du fichier. Pour être cité dans la réponse d’une IA à une question, rien ne montre qu’il serve. Il a été proposé pour aider des outils d’IA à lire un site, par exemple une documentation technique, ce que nous n’avons pas mesuré.
Ce qu’est le fichier llms.txt
Le fichier llms.txt a été proposé par Jeremy Howard le 3 septembre 2024. L’idée est d’ajouter à la racine d’un site un fichier au format Markdown, lisible par les modèles de langage, qui présente le site. Le format demande un titre au nom du site, puis en général un court résumé et des listes de liens vers les pages importantes, avec une section facultative pour ce qu’un outil peut ignorer quand il manque de place.
Ce fichier est souvent présenté dans les conseils GEO comme un moyen de guider ChatGPT, Claude ou Gemini vers les bonnes pages. Dans les documentations d’OpenAI, d’Anthropic et de Google que nous avons lues, aucune ne dit s’en servir pour choisir ses sources. Il ne remplace pas le fichier robots.txt, qui dit aux robots ce qu’ils ont le droit de lire.
Ce que disent Google et les études
Google répond dans son guide sur l’optimisation pour ses fonctions d’IA générative, mis à jour le 10 juillet 2026 : il est inutile de créer des fichiers texte pour l’IA, puisque sa recherche ne les utilise pas. En avril 2025 déjà, John Mueller, de Google, observait qu’à sa connaissance aucun service d’IA n’avait dit utiliser ce fichier, et qu’on voit dans les journaux de son serveur que ces services ne vont même pas le chercher.
SE Ranking a publié en novembre 2025 une analyse de près de 300 000 domaines, dont environ 10 % publiaient un llms.txt. Conclusion : avoir ce fichier ne rendait pas un domaine plus susceptible d’être cité par les modèles d’IA. L’éditeur le juge toutefois peu risqué à adopter, en prévision d’un usage futur.
Ce que nous avons mesuré
Nous avons repris les sites ramenés par la recherche de ChatGPT, Claude et Gemini sur une dizaine de secteurs d’activité interrogés en français le 10 septembre 2026, et vérifié le 16 septembre si chacun publie un llms.txt valide, avec son titre au format prévu. Avant la mesure, nous avions écrit notre prédiction : moins de 10 % des sites en publieraient un, et l’écart entre sites cités et non cités ne dépasserait 3 points pour aucune IA.
La première prédiction est tombée : 17 % des sites publient un llms.txt, plus que prévu. Les écarts restent faibles et ne vont pas dans le même sens : chez Claude, 16 % des sites cités contre 12 % des sites non cités ; chez ChatGPT, 14 % des sites cités contre 16 % des sites non cités. Un test statistique par permutation montre que ces écarts sont compatibles avec le hasard. Chez Gemini, dont l’API ne distingue pas les pages écartées, 23 % des sites cités en publient un, sans point de comparaison.
Pourquoi le fichier ne peut pas faire citer une page
Chez ChatGPT et Claude, une page est d’abord trouvée par une recherche que l’IA écrit elle-même, puis choisie parmi les résultats. Ce qui compte à ces deux étapes, dans nos mesures, c’est le rang de la page dans les résultats, les mots de la question dans son titre et son adresse, et des paragraphes qui répondent avec le vocabulaire de la recherche. Un fichier séparé, que la recherche ne lit pas, n’intervient à aucune de ces étapes.
Ce site publie lui-même un fichier llms.txt, qui liste ses pages. Nous ne prétendons pas qu’il nous fasse citer : c’est un résumé de plus, pas un levier mesuré.
Ce que cela change pour une entreprise
Si votre site n’a pas de llms.txt, ce n’est pas la raison de votre absence dans les IA. Commencez par ce qui se mesure : l’accès des robots de recherche des IA à votre site, des pages qui répondent aux questions de vos clients avec leurs mots, et une présence dans les sources que les IA consultent.
Publier un llms.txt ne coûte presque rien et ne fait pas de mal. Mais un prestataire qui le présente comme un levier de citation vend une promesse que ni Google, ni les études, ni nos mesures ne confirment.
Ce que nous ne savons pas
Notre mesure porte sur les sites ramenés sur une dizaine de secteurs en français, vérifiés six jours après la collecte : un site a pu ajouter ou retirer son fichier entre-temps. Elle compare des sites cités et non cités, ce qui décrit une association, pas un effet. Nous n’avons pas mesuré l’usage du fichier par des agents qui lisent une documentation.
Sources
- Jeremy Howard — « The /llms.txt file », proposition, .
- Google Search Central — « Optimizing your website for generative AI features on Google Search », .
- Search Engine Journal, Roger Montti — Google compare llms.txt à la balise meta keywords, .
- SE Ranking, Yulia Deda — llms.txt et citations par les IA, .
- Mesures FaireDuBruit, du 4 au 16 septembre 2026 — voir « Comment nous avons mesuré ».
Questions voisines
- Faut-il autoriser les robots des IA sur son site ?
- Le balisage schema.org est-il nécessaire pour être cité par les IA ?
- Ce qu’on lit sur le GEO est-il vrai ?
- Faut-il écrire ses pages en questions-réponses pour les IA ?
Toutes les questions sur la visibilité dans les IA · Notre offre · Tester mon site