Pourquoi ChatGPT cite-t-il l’administration plutôt que les entreprises ?
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Parce que, sur les questions qui touchent à une règle, à la fiscalité ou à la santé, la recherche de ChatGPT ramène beaucoup de sites publics, et qu’il les cite ensuite plus volontiers que les autres pages. Selon nos corpus, les sites publics représentent de 15 à 71 % de ses citations, et une page publique ramenée par sa recherche est citée 1,4 à 3 fois plus souvent qu’une autre. Claude et Gemini les citent bien moins, moins de 10 % de leurs citations. Une entreprise ne remplace pas l’administration sur la règle ; elle peut être la source sur ce que l’administration ne dit pas : l’application concrète, le cas particulier, le coût, le choix.
Pour quel type de question ? Tout dépend de la question. Sur une question fiscale, réglementaire ou de santé, les sites publics dominent chez ChatGPT. Sur un savoir-faire, un artisanat ou un choix de produit, ils sont absents, et la place revient aux spécialistes.
Ce que nous mesurons chez ChatGPT
Nous avons classé comme sites publics les domaines des administrations françaises, américaines et européennes, y compris les bases publiques de santé. Chez ChatGPT, ils représentaient 71 % des citations sur nos questions de génie climatique en français, 29 % sur une dizaine de secteurs d’activité en français comme en anglais, 23 % sur le dépannage de logiciels professionnels et 15 % sur l’intelligence artificielle en anglais. Sur les questions de dépannage qui ne nommaient aucune marque, une classification manuelle attribue même 45 % des citations de ChatGPT à l’administration, comme Chorus Pro ou impots.gouv.fr.
Deux mécanismes s’additionnent. D’abord, la recherche de ChatGPT ramène beaucoup de pages publiques : de 9 à 45 % des pages ramenées selon le corpus. Ensuite, une fois ramenées, ces pages sont choisies plus souvent : elles sont citées dans 13 à 21 % des cas, contre 7 à 10 % pour les autres pages, soit 1,4 à 3 fois plus. Parmi les sites publics les plus cités sur nos secteurs en français figuraient impots.gouv.fr, les bases de santé publiques américaines, l’INAO, Légifrance et service-public.fr.
Tout dépend du sujet de la question
Sur la dizaine de secteurs interrogés en français, la part des sites publics dans les citations de ChatGPT allait de 71 % sur la beauté, où il citait des bases médicales publiques, et 59 % sur le patrimoine, fiscalité et succession, à 42 % sur l’agriculture, 38 % sur l’éducation, 30 % sur la santé, 17 % sur le bâti ancien, 16 % sur les logiciels professionnels et 7 % sur l’apiculture. Elle était nulle sur la lutherie, l’aquariophilie et la visibilité dans les IA.
La frontière est claire : dès qu’une question touche à une règle, à un impôt, à une réglementation ou à la santé, ChatGPT s’appuie sur la source officielle. Quand elle porte sur un savoir-faire ou une pratique, il n’y a pas de source officielle à citer, et ce sont les spécialistes qui prennent la place.
Claude et Gemini se comportent autrement
Chez Claude, les sites publics représentaient de 0 à 11 % des pages ramenées et de 0 à 8 % des citations selon le corpus ; chez Gemini, de 1 à 5 % des sources. Sur les questions de dépannage sans marque, où ChatGPT attribuait 45 % de ses citations à l’administration, la classification manuelle donne 19 % chez Claude et 18 % chez Gemini, qui citent davantage les éditeurs de logiciels.
La préférence pour l’administration est donc surtout une caractéristique de ChatGPT et de la recherche qu’il utilise. Une entreprise absente des réponses de ChatGPT sur un sujet réglementaire peut être présente chez Claude ou Gemini sur la même question.
Ce que dit Google sur la confiance
Google explique, dans ses recommandations sur les contenus utiles et fiables, que parmi l’expertise, l’expérience, l’autorité et la fiabilité, c’est la confiance qui compte le plus. Il précise que ses systèmes donnent encore plus de poids aux contenus qui inspirent confiance sur les sujets qui peuvent affecter la santé, la stabilité financière ou la sécurité des personnes, qu’il appelle « Your Money or Your Life ».
Ces recommandations valent pour la recherche Google, pas pour ChatGPT. Elles décrivent pourtant la même logique que nos mesures : sur un sujet où une erreur coûte cher, la source officielle l’emporte. C’est précisément sur ces sujets que ChatGPT cite le plus l’administration.
Ce que cela change pour une entreprise
Ne cherchez pas à remplacer la source officielle sur la règle elle-même : sur ce terrain, ChatGPT la préfère. Occupez ce que l’administration ne couvre pas : comment la règle s’applique à un cas concret, ce qu’elle coûte, les erreurs fréquentes, le choix entre plusieurs options, l’exécution. Une page qui cite la source officielle et l’explique pour un cas précis complète l’administration au lieu de la concurrencer.
Regardez aussi le type de questions de vos clients. Si elles portent surtout sur des règles, attendez-vous à partager la place avec l’administration chez ChatGPT, et soignez votre présence chez Claude et Gemini. Si elles portent sur un savoir-faire ou un choix, la place est libre pour les spécialistes, et c’est là que vos pages ont le plus de chances d’être citées.
Ce que nous ne savons pas
Notre classement des sites publics repose sur l’extension des domaines (.gouv.fr, .gov, europa.eu) : il inclut des bases médicales publiques américaines et ignore les organismes publics sans cette extension. Les parts par secteur reposent sur peu de citations chacune. Nos mesures portent sur l’API de GPT-5, pas sur l’application ChatGPT.
Sources
- Google Search Central — « Creating helpful, reliable, people-first content », .
- Mesures FaireDuBruit, du 4 au 16 septembre 2026 — voir « Comment nous avons mesuré ».
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