Une IA lit-elle des pages en anglais pour une question en français ?
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Oui, et souvent. Sur nos questions posées en français, 95 % des réponses de ChatGPT comportaient au moins une recherche en anglais, 75 % chez Gemini et 32 % chez Claude. Sur une dizaine de secteurs interrogés en français, près de la moitié des pages ramenées par les IA étaient en anglais. Et d’une langue à l’autre, les sources changent presque toutes : les domaines cités pour une question en français ne se retrouvent, pour la même question en anglais, qu’à 1 % chez Claude, 14 % chez Gemini et 23 % chez ChatGPT.
Pour quel type de question ? Tout dépend de la question. Sur un sujet très documenté en anglais, comme la technologie ou la santé, les IA partent vite chercher en anglais. Sur un sujet propre à la France, comme une démarche administrative ou la fiscalité, elles restent davantage sur des sources françaises.
Des recherches en anglais pour une question en français
Nous lisons les recherches que chaque IA écrit avant de répondre. Sur nos questions posées en français le 15 septembre 2026, environ 56 % des recherches de ChatGPT étaient en anglais, 42 % chez Gemini et 14 % chez Claude. 95 % des réponses de ChatGPT en contenaient au moins une. Le sujet de ces questions, la visibilité dans les IA, est surtout documenté en anglais, ce qui pousse ces chiffres vers le haut.
Sur une dizaine de secteurs d’activité interrogés en français, patrimoine, agriculture, santé, bâti ancien ou logiciels professionnels, près de la moitié des pages ramenées par les trois IA étaient en anglais. La langue de la question oriente la recherche ; elle ne l’enferme pas.
Pour une question en anglais, les pages françaises disparaissent
L’inverse est encore plus net. Quand nous avons posé les mêmes questions en anglais, Claude n’a ramené aucune page française, sur aucun secteur, même pour des sujets propres à la France comme les droits de succession. ChatGPT n’a cité des pages françaises que lorsqu’il s’agissait d’une administration ou d’un fabricant nommé dans la question. Gemini a cité des pages françaises dans près de la moitié des secteurs.
Pour un client qui interroge une IA en anglais, une entreprise française qui ne publie qu’en français est donc presque invisible chez Claude et chez ChatGPT, même quand elle est la mieux placée sur le sujet.
D’une langue à l’autre, presque plus aucune source commune
Nous avons comparé les domaines cités pour les mêmes questions, posées en français puis en anglais. Chez Claude, 1 % seulement des domaines cités en français l’ont été aussi en anglais ; chez Gemini, 14 % ; chez ChatGPT, 23 %, surtout des administrations et des sources officielles. Les IA ne traduisent pas leurs sources : elles changent de web.
Cela vaut aussi dans l’autre sens pour les règles de citation. Certaines tiennent dans une langue et pas dans l’autre : la fraîcheur d’une page ne jouait, sur un de nos corpus, que sur les pages en français ; la question dans le titre ou la redondance avec les autres pages n’ont pas le même effet en anglais qu’en français. Une stratégie pensée pour le français ne se transpose pas telle quelle.
Ce que disent les études publiées
Nous n’avons trouvé aucune étude publiée qui mesure la langue des sources citées par les IA selon la langue de la question. Les études disponibles, comme celles d’Ahrefs, de Semrush ou de Seer Interactive, portent presque toutes sur des requêtes en anglais et sur le marché américain.
Google documente en revanche que ses fonctions IA découpent une question en plusieurs recherches, et nos mesures montrent que Gemini ajoute des traductions à ses recherches. Le passage d’une langue à l’autre fait donc partie du fonctionnement normal de ces outils, pas d’une anomalie.
Ce que cela change pour une entreprise
Une entreprise française qui vise aussi des clients à l’étranger, ou qui travaille dans un domaine documenté en anglais, a intérêt à publier ses pages importantes dans les deux langues. Une version anglaise n’est pas une traduction de courtoisie : c’est la seule façon d’exister dans les recherches que les IA lancent en anglais, y compris pour des clients français.
C’est pourquoi les pages que FaireDuBruit diffuse pour ses clients sont publiées en français et en anglais. L’effet de cette double diffusion sur les citations n’est pas encore mesuré ; ce qui l’est, c’est que sans elle, une grande partie des recherches ne peut pas trouver l’entreprise.
Ce que nous ne savons pas
La langue des recherches est détectée automatiquement, avec une part de recherches indécises : les pourcentages sont des ordres de grandeur. La comparaison entre français et anglais porte sur des questions traduites, posées aux mêmes modèles, par leur API. Nous ne mesurons pas l’effet d’une traduction sur les citations.
Sources
- Google Search Central — « AI features and your website », .
- Mesures FaireDuBruit, du 4 au 16 septembre 2026 — voir « Comment nous avons mesuré ».
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